Burning Issues (BI)

Burning Issues (BI) is a semi-formal arena where students and scholars from Africa and beyond, irrespective of academic background, meet up and address topical socio-political and economic issues related to Africa. Beyond its primary objective, BI shall be a space where participants can network, share experiences and innovatively reflect on the current challenges faced by African countries and citizens in and outside the continent. BI counts on and values the participation of anyone interested in partaking in its sessions in French, German or English. BI’s get-together and debate forum take place once a month in the premices of Bayreuth University and via a videoconference. Participants can join BI as speakers for a topic of their choice, chair a discussion roundtable, or simply get involved as an active discussant. Participants are more than welcome to invite internal or external guest speakers. A report covering the core points addressed during the discussions can be accessed on the AP website after each session. Feel free to set the agenda for the next BI session by proposing a burning topic to discuss or ask any questions by sending an email to burningissues@africapoliticum.org.  


Questioning the Nigerian Politics of Border Closure

In August 2019, the Nigerian Government shut its borders with Benin, Niger Republic and Cameroon, this decision has generated intense debate among the people and countries involved. It's along this background that Africa Politicum (AP) called for panellists and discussants to explore the economic, political and security reasons behind this closure and its moral impact on the people of the affected countries. The discussions explored the political justification behind this action and whether or not the great country in West Africa is emulating the protectionist policy of Trump administration at a moment when there calls for a more united ECOWAS and AU as organizations aimed at fostering unity and progress of West Africa and Africa in general. 

A full report of this meeting will be released very soon. 


Les élections présidentielles togolaises à la loupe

Ce débat s'était tenu quelques jours avant le scrutin

La deuxième table ronde de discussion d’ Africa Politicum a réuni une vingtaine d'étudiants_es et de doctorants_es africains_aines et européens_ennes de l'Université de Bayreuth le jeudi 13 février. Ensemble les participants se sont penchés sur les prochaines élections présidentielles du 22 février 2020 au Togo. La discussion a porté non seulement sur les élections et les demandes de l'opposition pour mettre fin au règne de Faure Gnassingbé, mais aussi sur d’autres questions plus fondamentales libellées comme suit : Faure est-il vraiment le seul coupable du manque d’alternance au sommet de l’État au Togo ? Le manque d’unité de l'opposition n’est-il également pas une partie importante du problème ? Ou s'il ne s’agit pas plutôt du symptôme d'un système persistant d'exploitation et de dépendance post-coloniale ? Les participants _es ont décrypté les enjeux des élections en partant du rôle de l'opposition et de la question de savoir si elle représente un véritable changement ou une véritable alternative politique au système existant ? Le scepticisme dominant envers l'opposition était principalement lié à l'absence d'une vision unificatrice pour un meilleur avenir (politique) du pays. Il y a également eu un large consensus sur le fait qu'il ne faut pas soutenir un candidat plutôt qu'un autre. Car dans son état actuel, l'opposition - divisée entre elle et sans programme politique concret allant au-delà de la revendication "Faure doit partir" - contribue plus à la haine et à la division qu'à un véritable changement politique. Le gouvernement n'est "fort" que parce que l'opposition actuelle a peu de crédibilité auprès de la population. La vision des prochaines élections elles-mêmes était tout aussi pessimiste. Entre autres choses, il y a eu des appels à une nouvelle mobilisation générale, comme celle qui a eu lieu en 2017 sous la direction de Tikti Achadam. Plus précisément, il a été suggéré que l'opposition travaille à une réglementation légale des dépenses de campagne électorale. Cependant, il a été répondu que de telles réglementations ne sont généralement pas respectées et que la campagne électorale de Faure est largement financée par des entreprises (internationales) et des gouvernements occidentaux. De même, le "problème" politique au Togo est plus complexe qu'un simple différend entre "l'opposition et Faure Gnassingbe". Ceci suppose qu’ il faudrait l'examiner de manière structurelle et systémique pour essayer de le résoudre. Ce constat est non seulement pour le Togo, mais aussi à de nombreux autres pays africains qui sont dirigés par des dictatures. La population pourrait prendre encore plus conscience du "problème", défendre son avenir politique et agir en conséquence. L'exemple burkinabé avec le mouvement "Balai Citoyen" a été cité comme exemple pour le Togo et d’autres pays. D'autres étaient d'avis que le changement ne peut pas avoir lieu au Togo et dans de nombreux autres pays africains que si les hommes politiques* et la population préféraient l'"intérêt national" à l'"intérêt individuel". Les avis étaient partagés aussi sur le rôle de la communauté internationale (UE, CEDEAO, UA, etc.). Certains ont appelé à une plus grande ingérence politique sous la forme d'une reconnaissance officielle de la nature antidémocratique et autoritaire du régime. Un boycott électoral avec le soutien de la communauté internationale pourrait être une solution, mais n'est pas réaliste après l'expérience des élections législatives de 2018. Quelques participants_tes* ont exprimé l'opinion que, en fait, le parlement actuel n'est légitimé que par la reconnaissance de la communauté internationale et non par le peuple. D'autres, en revanche, ont plaidé pour le principe de non-ingérence. Au lieu d'attendre 4 l'intervention de l'UA ou de la CEDEAO, le changement devrait venir du Togo et de la population togolaise eux-mêmes. Les participants_es ont également mis un accent particulier sur plus d’"éducation publique" de la population sur les enjeux politiques en rapport avec leur relation avec les structures gouvernantes. En effet, dans les conditions actuelles (pauvreté, manque d'éducation et de besoins de base, etc.), de nombreuses personnes sont incapables de prendre une décision politique réfléchie et font confiance au gouvernement (en raison des cadeaux électoraux) au lieu d'œuvrer pour un réel changement. Ce travail d'éducation pourrait être effectué principalement par des journalistes. Ceci a été fortement contredit par les participants qui considèrent qu’il est problématique de voir le problème dans le manque d’éducation de la population. Le vrai problème, selon ces derniers, est plutôt un manque d'indépendance ou le refus d'un développement autodéterminé. Les populations ne sont pas moins conscientes des enjeux politiques, elles savent exactement ce qu’elles veulent et sont (comme le montrent les manifestations de 2017) prêtess à descendre dans la rue pour réclamer leurs droits et demander des changements dans la gestion des affaires politiques. En conclusion, les participants_es ont convenu que les problèmes politiques au Togo comme au-delà doit être considéré sur un plan structurel et que les facteurs socio-économiques (structures de dépendance néocoloniales, exploitation des ressources par les sociétés transnationales), le manque d'unité et de projets de sociétés claires des partis politiques de l'opposition, et un peu plus d’engagement et d’implication des populations pour un réel changement. De même, le soutien du régime de Faure Gnassingbé peut continuer à être expliqué par les anciennes puissances coloniales que sont l'Allemagne et la France, deux puissances qui ont beaucoup à gagner du fait que la situation actuelle demeure telle qu’elle. C’est aux populations du Togo et d’ailleurs d’en prendre plus conscience et agir en conséquence. Enfin, l'Allemagne et la France peuvent soutenir le changement au Togo, notamment en raison de l'énorme influence de la diaspora togolaise (envois de fonds, soutien à l'opposition et à la résistance de la société civile). En outre, une certaine pression peut être exercée à travers une sensibilisation du public européen afin d’amener ce dernier à s’intéresser au rôle et influence de certaines puissances européennes (Allemagne et France, par exemple) dans les pays comme le Togo. 
Rapporteurs:  Hanza Diman et Lars Springfeld



Focus on the Cameroonian political crisis

 After the presidential elections of 7 October 2018, Cameroon has been experiencing violent confrontations between militants and key players of the opposition of the Movement for the Renaissance of Cameroon (MRC) of Maurice Kamto as well as the regime in place for about thirty years. The advent of the MRC injected a new dynamic into the political “game” which it has not ceased to significantly shape through a radical rejection of the "Biya" system both inside and outside Cameroon. This opposition earned Maurice Kamto a prison sentence for a total of nine long months alongside 400 other opponents to the ruling regime, including secessionists from the English-speaking part of the country. Outside Cameroon, acts of protest against the regime of Paul Biya were illustrated by the breaking of the Cameroonian embassies in Paris and Berlin, the public interpellation of pro-Biya Western leaders by Cameroonian activists, to name but two cases. Africa Politicum invited, therefore, to a round table discussion on this political crisis that Cameroon is going through. What reading can be made of the active involvement of Cameroonian activists inside and outside Cameroon on the socio-political tensions that have been shaking the country since 2014? Who are these activists and what are their real motivations? Does the political crisis lead to an ethno-bipolarization of Cameroon? Where is Cameroon going? Towards "chaos" as the pro- Biya, for example, claim? What contribution can Cameroonians make to the resolution of the crisis? These were some of the questions copiously discussed during the meeting.

A full report will follow very soon.